You are from: United States, Go to our American website.

Volunteer OverseasVolunteer Overseas

Journalisme - Projets généraux en journalisme, Éthiopie par David Vanheessen-Genty

Avec l'équipe. David Genty, Ethiopie

Partir à l'aventure, dans un pays inconnu. En une phrase, voilà ce que serait le résumé de mon séjour en Ethiopie... mais comment condenser tant d'émotions en une phrase.
Je ne connaissais rien de l'Ethiopie, et cela faisait en quelque sorte partie du défi : découvrir une culture totalement étrangère à mes yeux, ouvrir mon esprit, et dans mon cas prendre un peu de recul sur mes habitudes... L'Ethiopie, c'est un mélange entre la richesse des cours, et la pauvreté des rues. Les premiers se sont tout de suite ouverts à moi quand je suis arrivé. Vivre au jour le jour avec une famille d'accueil, c'est la meilleure façon de découvrir les gens.

Quand j'ai débarqué en Ethiopie, je ne savais plus où déposer mon regard. Tout est vivant, tout bouge... Au départ on se cramponne à la porte du taxi et on cherche désespérément la ceinture quand on voit la vitesse à laquelle on va. Mais comme le chauffeur a cru bon de couper la ceinture, on se résout à penser à autre chose. On regarde alors par la fenêtre, et on découvre... Les collines qui surplombent la ville et qui, en période des pluies sont plus vertes que jamais. (A ce sujet je me permets un aparté : si vous partez en Ethiopie, n'oubliez pas de lire le petit fascicule Projects Abroad, et notamment la partie où on vous conseille, malgré la saison des pluies, de prendre un pull pour la nuit... J'ai beaucoup regretté d'avoir sauté ce paragraphe, et le pull sera d'ailleurs mon premier achat à Addis...).

David Genty Ethiopie

Addis-Abeba, ce sont les gratte-ciels qui côtoient tant les maisons luxueuses que les bidons villes... On est frappé par les mendiants dans les rues, on prend conscience de la chance que l'on peut avoir d'être d'un côté et pas de l'autre. Mais au-delà de la mendicité, les rues de la ville sont aussi le lieu de rencontres improbables. Je me souviens d'une fois où rentrant du travail, je croisai un groupe de taximen en train de prendre leur pause. Yo Farange ! Ca vous allez l'entendre souvent. Farange, c'est le surnom donné à tous les Blancs. Toujours est-il qu'après qu'ils m'aient appelé, j'ai passé plus de trois heures avec ces taximen, autour d'un verre de Coca qu'ils ont insisté pour m'offrir, et à mâcher du khat. Illégal en France, j'éviterai donc ici de vous faire l'apologie de cette plante !

J'ai mentionné le fait que je revenais du travail. Le journal dans lequel j'ai été placé se trouvait dans la partie moderne de la ville, à côté du Millenium Hall, un énorme hangar dans lequel Beyoncé est venue chanter (ne rigolez pas, c'est une des fiertés nationales). Mon patron m'a tout de suite dit à mon arrivée : «Je veux que tu t'ouvres l'esprit ! Marche dans les rues, et écrit sur ce que tu veux, ce qui te marques dans le pays». Le responsable Projects Abroad m'a aussi présenté à des amis à lui qui travaillaient dans un centre de recherche. J'ai rapidement décidé d'écrire sur la protection environnementale en Ethiopie, et ils m'ont beaucoup aidé dans mes recherches. Le moins qu'on puisse dire, c'est que j'étais libre de faire ce que je voulais.

Le groupe de volontaires. David Genty, Ethiopie

En effet, le stage permet certes de suivre le fonctionnement du journal, mais l'activité principale s'inscrit dans le cadre d'une rubrique où l'on peut apporter un regard décalé sur différents problèmes sociaux. Mon premier travail a d'abord été d'étudier la liberté de la presse en Ethiopie. Ainsi, outre les problèmes de politique intérieure, la liberté d'expression est assez importante. On peut également prendre des photos, sauf des établissements publics. Si la stagiaire précédente avait notamment écrit sur les enfants en orphelinat, j'ai donc pu choisir des sujets qui m'intéressaient. J'ai également cherché à obtenir plus d'informations sur l'Union Africaine. Le siège se trouvant à Addis Abeba, il y a beaucoup de possibilités d'obtenir des contacts. Même si l'interview n'a finalement pas pu se faire, j'ai failli interviewer un proche collaborateur de Jean Ping, le Président de l'Union Africaine ! Si le stage implique une certaine indépendance, le responsable du journal ainsi que les personnes du centre de recherche offrent une aide précieuse en cas de besoin ! Dans le cadre de mes études, ce stage m'a apporté un gros plus, et sur le CV, ça en jette !

Mais le stage ne doit pas faire oublier la beauté du pays dans lequel on est. J'en ai donc profité pour visiter la ville, découvrir la culture, discuter avec des Ethiopiens... et des Ethiopiennes. Les bars de la ville passent de la très bonne musique, et servent la divine Sint George, bière brassée dans le centre-ville. Dès qu'on a pris l'habitude de voir toutes les têtes interloquées vers soi, on se prend même à danser sur les chanteurs locaux ou afro-américains, entre reggae et hip-hop !

Soirée entre volontaires. David Genty, Ethiopie

Les responsables locaux de Projects Abroad se sont chargés de nous organiser plusieurs sorties. Nous avons ainsi été planter des arbres dans la périphérie de la ville, dans le cadre du programme de protection de l'environnement. D'autre part, nous avons passé toute une soirée dans un restaurant traditionnel. Malgré les demandes insistantes de Bikeseign, un animateur de Projects Abroad, j'ai réussi à ne pas monter sur l'estrade, où il cherchait désespérément à me voir réaliser les danses traditionnelles devant tous les clients de l'endroit !

Mais même si Addis est chaleureuse, on ne connait pas l'Ethiopie si l'on n'en sort pas. Entre volontaires, nous nous sommes organisés des petits périples à Shashemane, ou à Awasa. Découvrir les grands lacs, ou faire un safari. On se croirait en plein Roi Lion ! Ces voyages entre volontaires sont à la fois de découvrir le reste du pays, mais aussi de rencontrer des gens venant de pays différents, de l'Autriche aux Etats-Unis en passant par les Pays-Bas ou le Canada !

Si je ne suis parti qu'un mois, je n'aurais jamais cru vivre tant de choses. Richesse des cours, pauvreté des rues, écrivais-je. Il faudrait sans doute rajouter sagesse des esprits: la philosophie de vie des Ethiopiens, leur convivialité... Les larmes coulent quand on repart, et aujourd'hui encore, quand je bois mon café, je repense à la chaleur de l'Ethiopie.

David Vanheessen-Genty

Retour à la liste des témoignages

Tell your friends about this page:

Haut de la page ▲
Feedback
Vous semblez intéressé(e) par nos projets! Souhaitez-vous nous en dire plus ?
Avec plaisir! Pas maintenant, merci.