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Mission humanitaire - Missions humanitaires générales, Népal par Marie-Noëlle Gudin

Marie Gudin, Népal. Avec les enfants

Le Népal. Un petit pays, coincé entre l'Inde et la Chine, et pourtant avec une identité propre, une richesse intérieure transmise à ceux qui ont la chance, comme moi d'avoir pu y vivre quelques semaines. Je suis partie un mois au Népal au mois d'août 2007, je cherchais un peu d'aventure, un peu de changement après ma première année d'université à Genève. J'ai trouvé bien plus que cela !

Marie Gudin, Népal. Groupe de volontaires

Mais commençons par le commencement. Je m'étais inscrite pour une mission humanitaire d'un mois, et je me suis retrouvée dans un centre pour enfants séropositifs à Katmandou, aussi connu sous le nom de MSPN. C'est un centre dans lequel viennent les enfants avec leurs mères (aussi malades malheureusement) pour que ces dernières apprennent à s'occuper d'elles-mêmes et de leurs enfants correctement. Les enfants sont aussi nourris comme il faut et reçoivent les soins nécessaires à leur condition. Notre travail en tant que volontaire était de nous occuper d'eux le matin pendant que les mères suivaient des cours ou autre. J'ai donc passé un mois à jouer aux cubes et aux puzzles, à colorier des personnages de dessin animé, à faire de la peinture (expérience très salissante !!), à arbitrer des disputes et tout simplement à apporter un peu de chaleur humaine aux enfants.

J'oubliai la majorité du temps qu'ils étaient séropositifs, et ce n'est que lorsque l'un d'eux allait à l'hôpital ou souffrait de la fièvre que je me souvenais de leur état. Mais du coup, c'était moins dur que ce à quoi je m'attendais, ils étaient comme n'importe quels enfants, joueurs, malicieux, capricieux parfois, souriants et bourrés d'énergie !

Marie Gudin, Népal. Les enfants du centre

L'après-midi, pendant que les enfants faisaient la sieste, nous aidions au centre, généralement à la cuisine, et j'ai des souvenirs mémorables de séances de pelage d'ail en refaisant le monde !

Mais mon expérience népalaise ne s'est pas limitée à mon travail au centre, bien qu'il en ait été la pierre angulaire. Il y a aussi eu tout le reste ! Les autres volontaires d'abord, enthousiastes, pleins d'énergie, cherchant aussi l'aventure. Chaque week-end nous nous retrouvions tous à Thamel, quartier touristique de Katmandou, le vendredi soir autour d'un daiquiri à la mangue pour planifier un week-end de découverte. J'ai eu ainsi la chance de voir Pokhara, la deuxième ville du Népal, Chitwan National Park, un parc national dans la jungle, à la frontière indienne, et, le week-end sans doute le plus mémorable : Last Resort. J'explique. Last Resort est une sorte d'hôtel pas très loin de la frontière tibétaine où l'on peut effectuer le plus haut saut à l'élastique d'Asie, soit 160 m, avant de rafter sur la fougueuse Bothe Kosi. C'était mon premier week-end au Népal, et il a marqué mon baptême népalais. Lorsque je suis rentrée ce dimanche soir-là, repensant à mon week-end, il me semblait que tout ce que j'avais laissé en Europe se fondait dans un brouillard opaque, et que je ne vivais vraiment que depuis que j'étais là.

Marie Gudin, Népal. Les rue de Thamel

Il est temps que je dise quelques mots de ma maison au Népal, cet endroit que j'ai appelé mon chez-moi après deux jours et que j'ai quitté avec le déchirement propre à ceux qui quittent un lieu cher. J'étais logée, exceptionnellement, non pas chez une famille d'accueil, mais dans la maison des volontaires. Nous étions cinq à six volontaires, avec Siraj qui nous cuisinait son délicieux Dahl bat. Nous nous entendions tous extrêmement bien, et j'ai passé en leur compagnie des soirées merveilleuses, à jouer aux cartes ou simplement à discuter.

Marie Gudin, Nepal. Saut à l'élastique

Mais en plus des voyages, en plus des autres volontaires et des responsables aussi d'ailleurs que nous voyions le week-end, l'esprit du Népal m'a profondément plu et marqué. La ville en elle-même, cette capitale que ressemble plus à un immense village, sale, pollué, boueux (c'était la saison des pluies) mais pleine de charme, de gens souriants, de temples hindouistes à chaque coin de rue et d'enfants qui vous disent bonjour en vous demandant votre nom ! Quant aux népalais, je ne prendrais qu'un exemple pour tenter d'illustrer leur hospitalité et leur gentillesse.

Népal. Dans le centre MSPN

Le dernier jour, je me baladais dans Thamel à la recherche de souvenirs à ramener à ma famille et à mes amis, et je voulais trouver un jeu de la chèvre et du tigre, jeu typiquement népalais, où il faut encercler le tigre pour éviter qu'il ne mange les chèvres. Bref j'en voulais un en bois véritable et je tombais sur un petit magasin tout en longueur, sombre dans la clarté de la rue. J'entrais et un vieux monsieur derrière son comptoir m'accueillit d'un « Namaste » souriant. Il baragouinait quelques mots d'anglais et comprit très vite ce que je recherchais. Mais au lieu de me l'emballer et de le vendre directement, il me demanda si je savais jouer. Comme je n'étais pas sûre d'avoir compris toutes les subtilités, je répondis par la négative. S'ensuivit alors une demi-heure d'intense réflexion autour des petites figurines de bois. J'étais sous le charme du lieu, du bonhomme et de la simplicité avec laquelle il m'avait accueillie, offert du thé et des biscuits. Les mauvaises langues diront qu'il était tout simplement bon commerçant, ou alors que j'étais sa seule cliente de la journée, mais dans cette petite échoppe, en jouant avec ce vieillard, j'avais l'impression d'être totalement immergée dans ce pays qui me fascinait tant.

Cela fait deux ans bientôt que j'étais au Népal, mais chaque souvenir reste gravé dans ma mémoire avec précision. En partant, j'ai emporté des centaines d'odeurs, de goûts, des dizaines de paysages, et les yeux sombres et rieurs de tous les enfants. J'ai ramené une expérience extraordinaire qui m'a fait voir les choses différemment, et j'y ai laissé un petit bout de mon cour, pour être sûre d'y retourner un jour !

Marie-Noëlle Gudin

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