You are from: United States, Go to our American website.

Volunteer OverseasVolunteer Overseas

Mission humanitaire - Missions humanitaires générales, Jamaïque par Victor Le Vavasseur

Découverte culturelle Jamaïque Enfants jamaïcains Plages en Jamaïque rue de Mandeville Scène de rue jamaïcaine Victor en Jamaique Victor en mission humanitaire en Jamaïque

Il y a un an, un de mes très bons amis m’a parlé de Projects Abroad, le visionnaire savait que je désirais fortement voyager, partir loin et découvrir d’autres cultures, me rendre utile quelque part ! Un désir immense de m’échapper quelque temps de la vie bien tranquille de lycéen pour les grandes vacances… Mais comment me rendre utile malgré mon manque de qualifications, d’expérience ? J’ai alors opté pour une mission humanitaire en orphelinat, car cela nécessite simplement une ouverture d’esprit, une volonté d’apporter un peu de bonheur à des enfants, de les occuper, et puis, on « croit » tout savoir y faire avec eux !

Mais où aller ? Je me suis dit qu’il fallait que je profite de cette expérience pour pratiquer mon anglais dans un pays anglophone. Ghana ou Jamaïque ? Etant un grand amateur de reggae, mon choix s’est vite orienté… « Papa, maman, mettez les préjugés que vous avez sur cette île de côté, j’ai choisi le pays de Bob ! ». Petite anecdote, mon vol était prévu le 1er juillet, or le 30 juin au soir, Arté diffusait un reportage sur Kingston et les folies des nuits jamaïcaines ! J’ai pris l’avion de Paris à Londres puis de Londres à Kingston. J’étais assis à côté d’un Jamaïcain qui devait bien avoir l’âge de mes grands-parents. On a beaucoup discuté de musique, étant tous deux fans des Toots and the Maytals.

A mon arrivée à l’aéroport de Kingston, la chaleur pesante mais tant attendue m’enveloppe, j’aperçois les montagnes vertes au loin, et je réalise que je suis là, et nulle part ailleurs. J’aperçois le taxi driver de Projects Abroad, Dwight Morgan. Bientôt rejoints par une autre volontaire anglaise, nous nous dirigeons vers Mandeville. C’est durant ce trajet que j’ai mes premières impressions visuelles de l’île. Nous traversons tout d’abord quelques quartiers de Kingston, où la pauvreté alterne avec quelques buildings, un nombre infini de petites échoppes et de Toyota blanches… J’observe tout, je vois les gens, tous plus détendus les uns que les autres ! Vers 18h30, la nuit tombe et nous poursuivons notre route. Passé Kingston, avec la nuit, l’ambiance me parait magique, des bars comme des cabanes, sommes-nous dans une ville ou dans la forêt ? La végétation est partout, luxuriante. J’arrive dans ma famille d’accueil et suis accueilli par Doreen Hustlin, chez qui je vivrai pendant un mois.

Comme je suis arrivé un week-end, les autres volontaires sont partis vadrouiller dans l’île. Je me décide donc, après un petit-déjeuner riche en découvertes culinaires, d’aller me promener seul dans Mandeville. Tout est nouveau et me parait inconnu. Je me perds volontairement dans les rues foisonnantes de vie, de musique, d’odeurs… Après avoir été la victime d’une mousson foudroyante, je me réfugie dans un bar pour déguster une Redstripe, la bière locale et un peu de rhum jamaïcain. « wha gwaan man ? weh yuh from ? ». Et oui, ils parlent un patois, qui sonne étrange au début mais qui n’est pas si difficile à comprendre, d’autant plus que la plupart des Jamaïcains parlent aussi l’anglais que nous apprenons.

Après ce premier week-end riche en échange, le staff de Projects Abroad montre aux nouveaux arrivants la ville, les us et coutumes locales ainsi que notre lieu d’action. En ce qui me concerne, un orphelinat, situé au milieu de magnifiques collines luxuriantes. Les enfants sont très curieux et sont ravis de voir arriver un nouveau, tout le monde est très accueillant et chaleureux. Je fais la rencontre des autres volontaires à cet orphelinat qui deviendront de bons amis. Une Australienne, deux Allemandes, une Autrichienne. Mais elles travaillent avec les tout petits, moi, j’ai choisi les ados, de 10 à 16 ans.

Nous étions à l’orphelinat tous les matins en semaine pendant quatre heures. J’étais relativement libre dans mes activités avec eux. Lecture, sport, ils ne jurent que par le foot et la course, bien qu’ils soient tout à fait ouverts à d’autres découvertes. Dix heures du matin passé, je comprends, physiquement parlant, que la chaleur nous invite tous à nous asseoir à l’ombre et à cesser toute activité corporelle. Comme j’étais seul avec une bonne vingtaine d’adolescents, nous n’arrêtions pas d’échanger entre nous. Ils me posaient des tas de questions, j’en faisais autant. Au fil des jours, j’apprends à connaître chacun d’eux. Ils commencent à me confier leurs problèmes, leurs sentiments… Un jour, une bagarre éclate entre deux adolescents, je les sépare, non sans peine (ils devaient avoir seulement un ou deux ans de moins que moi). Ce genre de conflits éclatent souvent et sont sans gravité, j’apprends alors que certains d’entre eux ont été maltraités par leurs parents... A part cela, tous les enfants sont solidaires entre eux et ils forment comme une grande famille. La veille de mon départ, nous sommes allés à la plage, et j’ai pu apprendre à nager à certains d’entre eux. A l’heure où j’écris ces lignes, ils me manquent tous cruellement !

Outre le temps passé à l’orphelinat, les après-midi et week-ends étaient formidables ! De temps en temps, les activités organisées par Projects Abroad permettaient de rencontrer les nouveaux arrivants, d’organiser nos week-ends. Je passais le plus clair de mon temps libre en compagnie de mon colocataire, des autres volontaires de l’orphelinat et de locaux. Ces derniers ont été très accueillants et ouverts, c’est avec eux que l’on a pu découvrir les bars sympas, partir en week-end tous ensemble… Quelle chance que de découvrir la Jamaïque avec des Jamaïcains ! « Just relax, and take your time » était la phrase fétiche de Ricki, avec qui nous passions pas mal de temps. « Chilling » était le mot d’ordre avec eux, c’est un mode de vie très répandu en Jamaïque qui consiste à prendre les choses du bon côté, à papoter, à se détendre ou tout simplement à vivre le sourire aux lèvres ! Leur porte était grande ouverte pour nous, leur hospitalité impressionnante. J’ai alors réalisé que dans notre société occidentale, des valeurs telles que l’hospitalité, l’ouverture aux autres ont pratiquement disparu. Sans faire l’éloge d’une certaine pauvreté qui s’accompagne de savoir-vivre, je trouve bien dommage que nous ayons perdu ces valeurs.

Je me rappellerai toujours de certains moments inoubliables. Un soir, ou plutôt une nuit passée sur une plage à écouter les bonnes «vibes » d’un sound system, tout en philosophant comme il le faut avec des rastas. Puis la baignade du matin dans une eau à 30 degrés, ackees and saltfish au petit-déjeuner, et fruits exotiques… (Je ne pouvais pas parler de mon séjour sans faire allusion au côté carte postale !). La Jamaïque est un pays formidable, vous aurez l’occasion de rencontrer plein de gens intéressants, de voir de magnifiques paysages. Mais surtout, sortez des sentiers battus, prenez tout du bon côté et soyez ouverts !

Victor Le Vavasseur

Retour à la liste des témoignages

Tell your friends about this page:

Haut de la page ▲
Feedback
Vous semblez intéressé(e) par nos projets! Souhaitez-vous nous en dire plus ?
Avec plaisir! Pas maintenant, merci.