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Écovolontariat & Environnement - Plongée & conservation marine, Cambodge par Xavier Demau

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Le Cambodge : ce pays "titillait" mon imaginaire depuis que j’avais trouvé sur internet un organisme, « Projects Abroad », qui proposait d’aller y faire de la protection marine. En effet, je connaissais que peu de choses sur ce pays, et c’est exactement cela qu’il me fallait. A 22 ans, je n’étais resté qu’en Occident et je ne connaissais pas l’Orient, l’extrême Orient. Partir à l’aventure a toujours été ce que je voulais faire. Mis à part le stage que j’avais trouvé sur place, bien organisé, tout le reste allait être une aventure sur "mon île", au large des côtes cambodgiennes : Koh Rong Samloem. Cette île fait partie d’un archipel protégé à deux heures de bateau de Sihanoukville, ville côtière et principalement touristique. Cette ville est quant à elle à six heures de bus (environ) de Phnom-Penh.

En sortant de l’aéroport je me fis assaillir par une cohorte de taxis et de tuk tuk. Et là quel bonheur de voir un homme au loin avec une pancarte : « Xavier Demau Projects Abroad ». Je rejoignis l’homme qui me fit une sincère accolade, et m’amena dans un taxi qui semblait être très ancien et d’une marque que je ne connaissais absolument pas (peut-être chinoise ?). Il m’amena dans les appartements de l’organisation, dans une rue non asphaltée et avec très peu d’éclairage. Ma chambre était très insalubre, la chaleur étouffante, la salle de bain peu reluisante… C’était parfait. Mais j’ai quand même eu le reflexe d’appeler ma mère…

Le trajet du lendemain se passa sans encombre, le bus où m’avait conduit mon accompagnateur était vieux mais confortable, le karaoké à l’intérieur était amusant, et je commençais à ressentir une vive émotion en voyant les paysages cambodgiens, d’une beauté à couper le souffle. Rizières, palmeraies, montagnes, rivières, animaux… Après une nuit à Sihanoukville où j’ai dû dormir 15 heures, me voici sur le bateau pour l’île, où m’attendaient tous les gens de l’organisation et mes futurs collègues et amis. L’ambiance a tout de suite été chaleureuse ; j’étais le seul Français de l’île, entouré d’Occidentaux comme des Anglais, Canadiens ou Américains et des Cambodgiens. J’étais une curiosité. Travailler à côté de personnes ouvertes d’esprit m’a tout de suite inspiré et j’ai eu l’impression durant ce stage que ma productivité était plus importante qu’en France, sans être plus fatigué. Je dédicace notamment tout cela à mon responsable d’études et professeur de plongée, Zachary Calef. Originaire de L’Oregon, il a été d’une extrême patiente et gentillesse. C’est le genre de manager que j’aimerais être plus tard, à l’écoute et efficace.

Je logeais dans un bungalow, fait de planches de bois non collées entre elles pour que l’air passe. Il y avait deux lits superposés avec des moustiquaires. La salle de bain avait un parquet de lattes de bois où l’eau passait en dessous, les douches appelées « buckets showers » étaient en fait des seaux d’eau. Les toilettes quant à elles étaient un trou au-dessus d’une petite rivière. D’ailleurs un jour un charmant animal, un cobra royal, me rendit visite dans ma salle de bain, et… ne m’attaqua pas. J’en ai été quitte pour une belle frayeur.

Il y avait aussi une terrasse où nous passions beaucoup de temps pour lire, y organiser des soirées… Nous avons acheté des hamacs dans les marchés du continent pour la rendre plus agréable. Le weekend, nous dormions dans des guest-house, tout à fait confortables avec eau chaude, pour environ 2$ par personne. Je conseille vivement à ceux qui visiteront le Cambodge de ne pas prendre d’hôtels plus chers, car de toute façon le soir on ne fait qu’y dormir, tant la vie nocturne y est développée.

Je me montrais comme quelqu’un de très curieux, j’aimais bien marcher dans la rue principale du village, faite de sable entre les palmiers. Un soir je vis une famille qui mangeait autour d’une lampe qui éclairait énormément. Je me suis donc approché pour demander ce que c’était. Ils m’ont dit que c’était une vieille lampe à pétrole chinoise, datant d’au moins cinquante ans. Comme un insecte, j’étais subjugué par cette lumière. Cela les a fait beaucoup rire et ils m’ont invité à partager leur repas, en mangeant à même le sol bien sûr. Après un échange difficile à cause de la langue, mais extraordinaire, arrosé de quelques verres de vin de riz, je compris qu’il s’agissait en fait d’une famille de pêcheurs. Dans un anglais maladroit, illustré de gestes, ils me demandèrent si je voulais les accompagner le lendemain à l’aube. Je ne me fis pas prier… Il fallait donc se lever à 5 heures du matin. Le lendemain je les accompagnai, sur de petits bateaux, pour pêcher à la ligne. On se servait de bouts de poulpes comme appâts. J’eus beaucoup de mal au début avec la technique de pêche, ce qui fit rire énormément les enfants. Mais au bout d’un moment, je ramenais un gros poisson, et tout le monde sur le bateau m’applaudissait. J’étais devenu un homme, un prédateur. Cette famille, si pauvre, était peut-être l’une des plus gentilles que je n’avais jamais rencontrées. Le soir nous avons grillé tout ce poisson et ce fut un véritable festin. Comme quoi dans ce genre de pays, il ne faut pas hésiter à parler aux gens afin de mieux connaître leur vie.

Pendant ce temps là je vivais aussi de très bonnes expériences avec les autres volontaires. L’ambiance au sein de l’organisation était très bonne, le planning des activités tel que la recherche et la conservation marine était très clair. La responsable du planning, appelée Jackie, une Américaine de Brooklyn, était un peu sévère, mais il le fallait bien pour obtenir des résultats. Car par exemple après le repas, les hamacs du bungalow semblaient bien confortables…

Lors d’une semaine passée sur Koh Rong, la grande île voisine, j’eus peut-être le plus grand choc culturel du voyage. A notre arrivée en bateau, un foule d’enfants nous attendait avec des fleurs, et riaient. Nous étions les premiers occidentaux à venir sur cette île en temps qu’enseignants auprès des enfants. Le premier soir, lors du premier cours d’anglais, voir tous ces enfants, avides de savoir parler anglais, fut un régal. Et la première soirée fut le summum pour moi. Le chef de ce village qui était sur pilotis m’invita chez lui pour le dîner. Ce fut un festin, et je me montrais extrêmement respectueux et ne pouvais rien refuser : calamars, langoustines et même des cuisses de chiens ! Ça y était, j’avais déjà oublié la France. J’étais rentré dans une autre culture.

Je suis arrivé au Cambodge sans savoir plonger. J’ai donc tout appris sur place. Il me fallait un certain niveau pour faire de la recherche marine : le PADI advanced diver, ce qui équivaut à pouvoir plonger sans moniteur jusqu’à 40 mètres. La partie la plus difficile pour moi a été la théorie, car je devais tout d’abord lire un livre de 250 pages en anglais, et par la suite me soumettre à un test. Je l’ai réussi avec 78% de bonnes réponses, il fallait 75% pour l’avoir. Mes premières plongées d’entrainement, avec bouteilles d’oxygène, ont été extraordinaires. La plus marquante a été la plongée en eau profonde. On se retrouve dans un monde différent, entre profondeur sombre et lumière du ciel, uniformément blanche et lumineuse. Cette plongée me permit de voir des hippocampes, de nombreux poissons comme des barracudas qui sont très impressionnants, et un petit requin ! Oui on voit des requins au Cambodge, mais ils ne sont pas dangereux, seulement durant l’hiver quand le grand requin blanc fait son retour. J’aurais aimé faire la plongée en cage pour le voir, je le conseille aux futurs routards, ça doit être époustouflant ! J’ai donc pu faire mon travail dans de bonnes conditions et en sécurité après cette bonne formation.

Ma ville de base, mon quartier général était Sihanoukville, première ville balnéaire du pays. Ici, peu de culturel à faire. Seulement de la détente sur la plage, des tours en bateaux sur les îles, et la fête. Voilà comment je passais mes weekends où je ne restais pas sur l’île. Il y a une autre ville qui vaut le détour sur la côte. Il s’agit de Kep, créée par les Français pendant le protectorat. A l’origine, Kep sur mer, était le premier lieu de villégiature des riches notables (souvent Français) Phnom Penhnois. Véritable endroit paradisiaque, cette ville n’en fut pas moins détruite pendant les années de terreur des communistes khmers rouges, il y a un peu plus de vingt ans. Aujourd’hui la population repart de l’avant et le prix de la vie y est très abordable. La spécialité est le crabe, et les gens sur place n’hésiteront pas à dire qu’ils cuisinent le meilleur crabe du monde. C’est vrai, il est délicieux ! La capitale, Phnom Penh, se trouve à 5 heures de bus de Kep.

Que dire ? Je suis tombé amoureux de cette dernière. Elle est la représentation idéale d’une ville en pleine mutation, dans cette Asie qui évolue si vite, mais qui garde ses habitudes et qui protège son passé. L’arrivée est toujours la même, harcèlement par les tuk tuk pour vous amener dans une guest house. Ne vous laissez pas faire. Allez directement à la « Royal Guest House », dans un quartier nommé Riverside, rue 154. C’est le meilleur rapport qualité prix que tous mes contacts routards m’ont donné. C’est un repère d’aventuriers. Demander un chambre au dernier étage, pour avoir une vue romantique sur la ville. Le quartier de Riverside est le plus cosmopolite, petits restaurants traditionnels, occidentaux, bars, boîtes de nuit occupent toute la place. Les salons de massages ne sont pas chers et extraordinaires comparé au reste du pays ! Ici aussi je vous donne une adresse, Anocra restaurant, qui fait de la cuisine khmère et française.

Bien sûr, il serait impossible de ne pas vous parler ici d’Angkor Wat, l’ancienne capitale historique du Cambodge, à 7 heures de bus de Phnom Penh. Cet ensemble de temples, considéré comme la huitième merveille du monde, est tout simplement le plus grand ensemble archéologique du monde. On y trouve plus de 600 temples. En 3 jours j’ai dû en visiter une quarantaine et je n’ai pas arrêté de bouger. Leur beauté est à couper le souffle. Mais ce qui m’a le plus troublé est cet état de paix intérieure que j’ai ressenti dans ce lieu. La forêt qui engloutit ces vieux temples, le bruit de la forêt et des oiseaux… On est dans un autre monde. Il faut au moins trois jours de visite avec le même tuk tuk pour voir le principal.

Cette expérience en fait m’a tellement apporté que je ne suis plus le même maintenant. Des choses qui me tourmentaient avant me donnent le sourire. Car j’ai appris à faire comme les asiatiques : prendre les choses avec détachement. Je pense être plus sérieux dans mon travail et dans mon planning, car je ne supporte plus une chose avec laquelle je vivais avant, le stress. En fait même en y restant trois mois, j’ai été atteint par ce que j’appelle le « syndrome de l’Asie ». Je suis accro à cette façon de vivre, insouciante et pourtant tournée vers l’avenir avec une croissance économique qui apporte du travail et de l’espoir.

En tant que Français, venant d’un pays riche, j’ai déjà de la chance de pouvoir obtenir dans mon école un diplôme qui me permettra d’obtenir de bons postes dans ces pays. C’est pourquoi je suis plus déterminé que jamais à faire ma dernière année en double diplôme dans une université de Bangkok en Thaïlande. J’ai rencontré des gens fabuleux sur place, des expatriés, mes amis de l’île qui étaient pour la plupart des Anglos-Saxons. Ces gens m’ont donné leur énergie, et je sens que celle-ci m’habite énormément en ce moment, et je ne les remercierai jamais assez pour tout ce qu’ils m’ont apporté. Pour moi, ce stage n’est pas un souvenir, c’est l’introduction d’une aventure, professionnelle et personnelle, qui sera un chapitre de ma vie.

Xavier Demau

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