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Mission humanitaire - Missions humanitaires générales, Népal par Aurélia Venon

Aurélia Venon Banepa A l'ecole Cours de cuisine cookies et muffins Creation de tee shirts Rizieres du Nepal

Namaste!!

A l'aéroport de Roissy lorsque je faisais la queue pour enregistrer mes bagages, il y avait un homme d'une cinquante d'années devant moi, les cheveux longs et gris nattés, des lunettes, un manteau jaune et un pantalon ample de couleur vive... Je me suis dit « lui, je suis sure qu'il va à Katmandou... ». Et bien ça n’a pas loupé ! je l'ai retrouvé à l'aéroport du KATMANDOU pour récupérer les bagages ! Lonely Planet avait raison : KATMANDOU, c’est la CAPITALE DES BABAS COOL !

Quelques trucs à savoir avant de partir :

  • La première question que je me suis posée avant de partir : comment vais-je faire pour communiquer avec les gens en Népali ?! Pas de panique ! La grande majorité des népalais parlent couramment l’anglais.
  • 22 millions de Népalais sur 24 mangent du Dal Baht (riz avec une soupe de lentille et des petits légumes au curry) 2 fois par jour (matin et soir).
  • La vache est un animal sacré, il est interdit de la toucher et il est donc fréquent de la retrouver au milieu des routes sans que personne ne la déplace !
  • Les Népalais enlèvent leurs chaussures avant d’entrer dans tout bâtiment.
  • Ils se lavent les mains ET la bouche avant de manger.
  • Ils mangent avec la main droite et s’essuient le derrière avec la main gauche après être allé aux toilettes. Ne vous trompez pas!

Les difficultés du pays

- La pauvreté
Si vous souhaitez avant tout vous investir afin d'aider un pays pauvre, et vivre dans les mêmes conditions que les habitants, le Népal est la destination idéale et vous serez surpris de la reconnaissance des Népalais envers votre soutien!

Située au pied de l'Himalaya, la vallée de Katmandou est entourée par la nature (rizières, fermes, sommets enneigés, cascades et jolis petits ruisseaux). Malgré ce décor parfois paradisiaque et au plus proche de la nature, il faut vous préparer à arriver dans un environnement miséreux dans lequel les enfants marchent parfois pieds nus et ne mangent pas à leur faim. Tout en sachant que c'était un pays pauvre, j'ai été a la fois très surprise de tomber dans une capitale aussi nécessiteuse que Katmandou et chanceuse d'être confrontée à un tel dépaysement face à la réalité des pays du tiers monde. Comme les Népalais n'ont pas le choix malheureusement, ils se sont adaptés à ce mode de vie très dur. Leurs journées sont donc rythmées par la lumière du jour : ils se lèvent très tôt et se couchent très tôt.

- La politique
Le pays a également connu une activité politique mouvementée ces dernières années. La monarchie a été remplacée par une constitution provisoire en 2008 mais les tensions persistent, parfois jusqu'à bloquer la vie du pays pendant plusieurs jours. Dans ces moments il vaut mieux se trouver à proximité de son pied à terre afin de ne pas se retrouver bloqué là ou vous venez de passer un agréable week-end! Généralement une vague de rumeurs se répandra dans les rues de Katmandou jusqu'à vos oreilles 1 ou 2 jours avant le début des grèves.

D'un point de vue général ces quelques problèmes, périodiques et passagers, ne sont que la transcription des difficultés que rencontre le pays face à la modernisation, qu'elle soit matérielle ou culturelle. L'évolution des mentalités est un évènement très récent dans ce pays à l'origine très conservateur, entre ses deux grands voisins que sont la Chine et l'Inde (le Népal a par exemple un décalage horaire de 5h45 pour se différencier de l'Inde qui n'a que 5h30 de décalage avec la France).

A l'opposé des conflits, la politique de développement sur un long terme semble être beaucoup plus optimiste et encourageante. Le fossé, encore très peu discernable n'en est pas moins important entre l'ancienne génération et la nouvelle, celle qui fait des études et parle anglais (obligatoire à l'école même entre les élèves).

Cette nouvelle génération laisse entrevoir un espoir dans l'évolution du pays. L'aide humanitaire est incontestable dans ce chemin. Plus que d'aider les népalais à mieux vivre au jour le jour elle permet de les sensibiliser aux préoccupations du monde, de les aider à adopter un comportement plus respectueux de l'environnement, plus écologique ou encore à leur expliquer l'importance d'institutions seines et responsables. Ces dernières années marquent réellement une évolution dans les jeunes mentalités népalaises qui ont soif de connaissances et de réussite. L'année 2010 est entre autre l'année du tourisme au Népal et chaque année, une journée est réservée à promouvoir l'importance de la liberté de la presse qui se développe progressivement.

J'ai eu la chance de rencontrer, brièvement, un des rares journalistes du pays. Je cherchais un taxi pour aller a Katmandou, lui aussi, il s’est approché spontanément de moi et m’a proposé qu’on partage un taxi ! Il travaille pour Républica, le premier journal anglophone du pays, et bien que protégeant son métier, mais aussi son pays il nous a avoué que devenir journaliste y était très difficile, non pas seulement à cause du gouvernement mais aussi par l'éducation.

Le renouveau du pays est en route et ne sera réellement effectif que d'ici quelques générations, quand les jeunes qui sont alors encore à l'école seront en mesure de faire avancer le pays. Vous l'avez donc compris, l'aide humanitaire est indispensable afin d'y arriver.

Thamel : quartier touristique de KATMANDOU
Au cœur de Katmandou se trouve le quartier de Thamel : c'est la que vous passerez sans doute vos weekends avec les autres bénévoles à moins que vous n’ayez organisé une autre sortie dans le pays. Une nuit à l'hôtel avec de l'eau chaude dans la douche ne vous coutera que 5 euros !

Comment vous décrire l'ambiance de ce quartier?? Les voitures sont censées rouler à gauche comme en Angleterre, mais en réalité elles roulent de n'importe quel côté, là ou il y a de la place pour rouler ! Entre les voitures, les vélos et les tuk tuk, il faut donc faire très attention de ne pas vous faire écraser ! Les rues ressemblent à des longs couloirs du fait des centaines de panneaux et pancartes qui indiquent la masse tout aussi importante de boutiques de vêtements, d'écharpes en cachemire ou en soie, de figurines de Bouddha et des innombrables divinités issues de l'hindouisme, d'encens, de kukhri (sabres traditionnels)... Entre les magasins d'écharpe et ceux qui vendent des bols musicaux se trouvent des bars et des restaurants occidentaux. Un mélange de klaxons, de différents styles musicaux (de la pop à l'électro en passant par des musiques de prière tibétaines) et d'encens, flotte dans le quartier.

Ne paniquez pas à l'idée de vous retrouver dans ce remue-ménage quotidien, vous y trouverez parfois le ré(confort) et le moyen de satisfaire vos besoins "d'occidentaux". Les plus basiques et nécessaires comme l'accès à Internet afin d'envoyer des nouvelles à vos proches mais aussi de se tenir informé des nouvelles du monde même s'il est vrai que lorsque vous serez de retour chez vous, vous aurez l’impression d’être sorti tout droit d'une autre planète! Thamel c'est aussi l'endroit ou vous pourrez avoir accès à une nourriture plus variée, acheter des produits de soin du corps, des barres de chocolat, des vêtements et combinaisons contre le froid des montagnes... Car il est vrai que Thamel est LE quartier touristique, le quartier de réapprovisionnement des adeptes du trekking. Il n'y a pas deux endroits comme celui-là au Népal.

Deux types de missions humanitaires
Je suis restée deux mois au Népal, et j'ai eu la chance d’accomplir deux types de missions. Tout d'abord j'ai travaillé dans une école primaire en assistant la maîtresse qui restait dans la classe, avec des enfants âgés de 7 à 10 ans. Cette expérience a été très intéressante, plus pour moi que pour les enfants ! En effet, comme les élèves devaient se préparer à passer des examens, l’école a exigé que la maîtresse reste dans la classe avec moi, afin d’être sûrs que les élèves suivraient le programme scolaire pour être aptes à passer leurs examens. Du coup, j’ai assisté aux examens !!!! D’une part, j’ai été surprise de voir que la plus grande partie des questions portait sur la religion et l’éducation :

  • Exemple 1 = Quelles sont les 3 grandes religions au Népal ? Réponse = Les Bouddhistes, les Hindouistes et les Musulmans.

  • Exemple 2 = Pourquoi faut-il obéir à ses parents ? Réponse = pour leur faire plaisir.

  • Exemple 3 = Que ce passe t-il lorsqu’on désobéit à Dieu ? Réponse = Il nous punit.

En temps qu’Européenne non croyante, c’était assez déstabilisant de devoir « enseigner » ce genre de choses à des enfants...

D’autre part, j’ai été très étonnée de voir que la plupart des enfants trichent et se donnent les réponses entre eux ! Et pour ceux qui bloquent sur une question mais refusent de tricher, ils n’ont qu’à attendre sagement la fin de l’heure que la maîtresse leurs donne la réponse. En France, lorsqu’un élève a terminé, il rend sa copie et sort de la classe. Au Népal, il tend sa copie à la maîtresse qui souligne au crayon à papier les erreurs de l’enfant. Celui-ci doit ensuite retourner à sa place pour corriger sa copie, et ce jusqu’à ce qu’il ait tout bon ! Lorsque la plupart des élèves ont terminé leur examen, on peut donc observer une longue queue devant la maîtresse qui indique à chacun ses erreurs. La maîtresse ne récupère uniquement les copies qui ne comportent plus d’erreur. Je n’ai toujours pas comprit l’intérêt de faire un examen dans ces conditions !

Ensuite j'ai apporté mon soutien à un orphelinat comprenant une vingtaine d'enfants âgés de 4 à 20 ans (apprentissage de l’anglais, mise en place d’activités manuelles, sportives, et cours de cuisine). A cet endroit, j'ai réellement noué des liens très forts avec les enfants car j'ai eu la chance de partager avec eux plus qu'une salle de classe : un quotidien, des rituels, des repas, des câlins et de nombreux échanges culturels. Mes plus beaux souvenirs se trouvent dans cet orphelinat, avec toutes les personnes qui le composent.

Ce qu'il y a à voir
En tant que bénévole, je travaillais du lundi au vendredi, et j'avais donc tous les week-ends de libres. Une occasion en or pour partir à la découverte du pays :

  • Au sud du Népal, proche de la frontière indienne se trouve le magnifique parc national de CHITWAN, ou vous aurez peut-être la chance d'apercevoir un tigre en liberté lors d'un safari à dos d'éléphant. Vous pourrez dormir dans un cottage agréable au milieu d'un cadre magique, proche des villages typiques de la réserve naturelle et côtoyer ses habitants qui vivent de pêche et d'agriculture, et dorment dans des maisons traditionnelles qui ressemblent beaucoup à des cases (murs en terre cuite, toits en chaume).

  • A deux heures à peine de la capitale, dans la direction de l'Himalaya se trouve NAGARKOT, ou vous prendrez une bonne bouffée d'oxygène en vous promenant dans les rizières ou le long des ruisseaux. Si le temps s'y prête vous pourrez même apercevoir la chaîne de montagne la plus haute du monde. En vous y promenant vous rencontrerez sûrement de jeunes enfants qui entre malice et curiosité courront à côté de vous. Avec un peu de chance, que j'ai eu, vous serez peut-être invité à un mariage traditionnel par un habitant du coin que vous venez de rencontrer, repas de fête, vin népalais (à base de riz) et tika (également avec du riz) seront au rendez-vous. Enfin, si vous vous sentez l'âme téméraire essayez le voyage sur le toit du bus: dépaysement, rencontres mais aussi sensations fortes garanties!

  • A l'ouest, à environ six heures de Katmandou en bus, 1h30 en avion, vous pourrez faire une pause à POKHARA. Pokhara est souvent citée par les népalais comme étant la plus belle ville du Népal. En effet elle est bâtie autour d'un magnifique lac et possède une des plus belles vues sur l'Himalaya.

  • Bien-sûr, pour ceux qui auraient déjà prévu une semaine ou plus pour faire un trek dans la montagne après votre mission, vous aurez la chance de marcher sur les sentiers de L'HIMALAYA : chaîne de montagnes qui possède le plus haut sommet du monde, l'Everest!

Au centre de L'Asie, le Népal : carrefour de la diversité et chaleur humaine.
Le Népal semble être le pays de la diversité au cœur de l'Asie. Diversité religieuse (vous y rencontrerez une majorité de bouddhistes, d'hindouistes mais aussi des néwars, des chamanes, des musulmans et aussi quelques chrétiens comme le journaliste que j'ai rencontré...) très visible dans l'architecture des villes et surtout des temples. Trois villes possèdent un "Durbar square", une place centrale ou sont bâtis divers temples de différentes époques et différentes cultures qui retranscrivent l'histoire du pays.

Vous y trouverez sans aucun doute un népalais souhaitant vous renseigner et qui vous fera visiter la place tout en vous expliquant l'histoire de chaque temple un par un et dans les détails. Libre à vous de savoir ce qu'il attend de vous mais beaucoup le font pour le plaisir de parler et espèrent peut-être même avoir la chance de partager un thé avec vous. Les villes de Katmandou, Patan et Bakthapur sont les 3 grandes cités historiques du Népal, anciennement ennemies…

La religion est omniprésente dans la vie des népalais, et malgré leur mode de vie plutôt précaire tous semblent être heureux. En deux mois de voyages je n'ai vu AUCUN népalais râler comme il est courant de le voir dans nos rues : pour eux le monde avance indépendamment de leur réelle volonté, ce qui est arrivé, est arrivé, et cela devait se produire, rien ne changera le passé, encore moins le fait de râler ou de désespérer. Plus que du fatalisme cela leur permet d'avancer en positivant toujours, de profiter pleinement du moment qu'ils sont en train de vivre. Cet état d'esprit nous fait comprendre un peu plus pourquoi les hippies (ou baba-cools), adeptes de la zénitude, ont fait de cet endroit (en s'inspirant de Bouddha) leur Nirvana.

Diversité ethnique: Certains népalais ont une silhouette et un visage proche des chinois, d'autres des indiens, des mongols, des habitants des îles du Pacifiques, beaucoup nous font penser à un mélange de toutes ces cultures. Il est facile de comprendre que ce pays, situé au milieu de l'Asie est un carrefour multiethnique. Paradoxe cependant, hors de Katmandou vous vous sentirez peut-être seul, observé de tous les côtés et ressentirez la pression de tous les regards tournés vers vous. Rassurez-vous en parlant avec quelques népalais, ceux qui parlent anglais, vous comprendrez très vite la signification de ce regard: Il faut le savoir, d’après la culture népalaise, un étranger doit être aussi bien accueilli que s’il était un Dieu! Ces regards ne sont donc pas querelleurs, ils sont tous simplement admiratifs, étonnés, curieux…

Dans l'école ou j'ai fait ma première mission j'ai distribué des posters et images de footballeurs ramenées de France. Alors qu'ici un enfant se retrouvant avec la carte de Ronaldinho serait capable de narguer tous ses camarades (c'est un joueur brésilien parmi les meilleurs du monde pour tous ceux et celles qui ne le connaissent pas) là-bas un enfant vous rendra la carte en vous criant "No black! ... I want White!" et vous l'échangera volontiers contre une carte de Franck Leboeuf (joueur français, très blanc, champion du monde 98 mais ayant fait une carrière lambda) ou Bernard Lacombe (entraîneur blanc arborant une énorme moustache dans la tradition européenne)!!! Le blanc est l'image de la réussite, du savoir et de la richesse.

De réputation, les Népalais sont considérés comme étant l'un des peuples les plus chaleureux du monde, et je dois dire qu'ils méritent leur réputation ! Au début du séjour j’avais tendance à être méfiante vis-à-vis des propositions que l’on m’adressait. Mais je me suis vite rendue compte qu’il n’y avait aucune arrière pensée derrière leurs démonstrations affectives (même si je vous conseille de rester prudent lors des négociations, particulièrement avec les chauffeurs de taxi ! Notez bien qu’une course Patan/Thamel (=centre de Katmandou) ne doit jamais dépasser 250 roupies). Le marchandage fait parti de la culture, et même si vous n'êtes pas à l'aise dans les négociations il vaut mieux, pour votre portefeuille mais aussi pour vos relations avec les commerçants, essayer de faire baisser les prix après avoir fait quelques comparaisons (ce qui ne sera pas difficile vu le nombre de boutiques similaires!). Par ailleurs, le marchandage vous permettra d'échanger quelques mots avec eux, voire même parfois de créer une relation "privilégiée". Le vendeur vous reconnaitra très surement lorsque vous repasserez devant lui quelques jours plus tard et vous gratifiera d'un salut amical, vous dira quelques mots, vous présentera à ses amis commerçants voisins et sera encore plus enclin à vous faire profiter de bons tarifs. Ayant vécu de telles situations plusieurs fois je peux vous garantir que ces marques de familiarités au cœur de Katmandou sont tout aussi étonnantes qu'agréables! En résumé si vous souhaitez vous faire des amis : rien ne sera plus simple qu’avec les Népalais.

Tata !!

Aurélia Venon

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