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Culture & Communauté - Projet Nomade, Maroc par Christine Montminy

Christine Montminy

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Je me sens éteinte et vide à l’intérieur de mon être. La vie m’a pourtant été facile jusqu’ici. Je réussi tout ce que j’entreprends, j’arrive toujours à mes fins et pourtant il me manque quelque chose. J’ai besoin de vivre autrement et de me sentir utile. Je commence alors mes recherches sur Internet et trouve un site détaillé sur un organisme d’aide-humanitaire qui est présent dans plus de 50 pays dans le monde. Je n’arrive pas à choisir une destination qui pourrait me convenir, j’envoie donc un courriel avec une brève description de ma personne et de mes compétences à l’organisme. Je veux partir rapidement et l’option la plus facile pour moi est le Maroc car la langue française y est accessible et pas besoin de visa pour les séjours de moins de trois mois.

Les démarches se font rapidement, les informations sont abondantes et l’organisme m’offre un excellent encadrement. Autant pour la préparation de mon voyage que directement sur le terrain, et ce, à tout moment de ma mission.

Une personne responsable m’attend à l’aéroport. Elle m’explique le déroulement et le fonctionnement de ma mission pendant que nous prenons la route vers la famille d’accueil qui m’hébergera et m’accompagnera jusqu’à la famille nomade dans le désert. Je ne sais pas si c’est ma fébrilité, mon excitation et mon désir de vivre cette aventure qui m’ont épargné cette étape, mais je n’ai eu aucun choc culturel.

Le désert ne ressemble pas à ce que je m'étais imaginé : sable fin à perte de vue avec des chameaux partout. Non, le sable est tellement dur qu'on dirait de la terre compactée parsemée de cailloux avec un peu de végétation diverse qui ressemble à de la toundra. Je perçois ce désert comme un grand champ rocailleux entouré de montagnes remplies de roches et sans arbres.

La famille est accueillante et très gentille. Je suis surprise de voir qu’ils ont une habitation construite en terre, ils sont alimentés en eau à l’aide d’une pompe et croyez-moi... ils n'ont pas l'électricité mais ils ont un téléviseur qui fonctionne sur une batterie solaire. Même les nomades sont accrocs à la technologie, incluant téléphones cellulaires.

Il y a beaucoup de travail à faire ici dans une journée, mais je vis chaque moment sans me poser de questions, comme ça vient, sans attente et sans jamais savoir ce qu'on va faire ensuite. J'apprécie d'être ici et de ne pas avoir à être structuré et organisé. Ça fait du bien. La famille ne veut pas se faire prendre en photo car elle ne veut pas se retrouver sur Internet. Par contre, elle me propose souvent de me prendre en photo.

Ma participation au sein de la vie quotidienne est très diversifiée. J'ai fait la traite des chèvres seulement une fois. Ça n'a pas été un succès, mais ça a été très divertissant pour la famille. Il faut sortir le troupeau de chèvres et de moutons deux fois par jour pour les faire manger dans les champs et les surveiller car ce n'est pas clôturé et certaines parties du champ leur sont interdites. Il arrive parfois que l'on doive courir après le troupeau dans les champs (très difficile, surtout en sandales à cause des cailloux). Il y a aussi les vaches (4) et les ânes (2) qu'il faut aller porter plus loin dans les champs et aller les récupérer au coucher du soleil. Nourrir les poules, les chiens et les chats. Il n'y a pas que les animaux à s'occuper. Avec le lait, on fait le beurre. Battre le beurre est une activité plaisante et c'est très bon pour muscler les abdominaux. Pétrir la pâte pour le pain et le faire cuire dans les fours sur la braise (ça aussi c'est plaisant à faire). Moudre les grains de maïs dans un truc en pierre très lourd c'est difficile à cause du mouvement répétitif qui dure pendant des heures. Préparer les repas, faire la vaisselle et la lessive.

Le thé marocain, ifulky bezaf! (en berbère: c'est bon beaucoup) Le thé bouille et infuse très longtemps sur le feu. Ensuite un peu de menthe fraîche est ajoutée ainsi qu'une bonne dose de sucre. Un véritable délice pour les papilles gustatives.

En après-midi, j'essaie de profiter du soleil. Rachida (celle qui s'occupe de moi) ne comprend pas pourquoi j'aime autant le soleil. Elle me dit qu’il fait trop chaud pour rester dehors quand on n’y travaille pas. L'après-midi, la famille se réfugie soit dans l’habitation en terre pour écouter une série télévisée ressemblant au "Feu de l'amour" en arabe ou dans la tente pour faire la sieste. Pendant ce temps, je préfère marcher dans le désert. Des centaines voire des milliers de mouches volent et tourbillonnent sans cesse toute la journée, et ce, dès que la chaleur s'installe. Elles sont partout, dehors comme dedans. Quand le soleil et la chaleur disparaissent, comme par magie, les mouches disparaissent aussi. Un jour, me promenant dans le désert, j'ai entendu un grondement intense à un point tel que je n'entendais plus les mouches. À quelques pieds seulement de moi, le sable a commencé à s'élever dans les airs dans un tourbillon. C'était magnifique! Une mini-tornade. La famille dit qu'ici, les tornades sont fréquentes, petites et pas dangereuses.

Je peux maintenant confirmer qu'il fait très chaud le jour et très froid la nuit. Ils ont des couvertures très pesantes et très chaudes. C'est super confortable.

Chronique culinaire: Le pain nomade est excellent. Il est servi avec de l'huile ou du beurre chaque fois qu'on prend le thé (2 à 3 fois par jour). Lors de la plupart des repas, le pain sert aussi d'ustensile. Les plats principaux sont servis en pleine après-midi. Il y a surtout le couscous et la tagine où il y a des légumes et un peu de viande. Le repas du soir est toujours un plat de féculent (sans légumes, sans viande et sans pain). Du riz servi avec de l'huile d'argan, des pâtes gonflées dans un bouillon, du maïs moulu ou des lentilles. Tous les repas sont servis dans une grande assiette ronde au milieu de la table et tout le monde se sert dedans en respectant sa pointe de tarte imaginaire. Le breuvage (eau ou lait) est servi dans un seul verre et tout le monde boit dedans. L'avantage c'est qu'il y a moins de vaisselle à faire.

Je ne considère pas mon passage comme une volontaire en aide humanitaire mais plutôt comme une personne en visite qui fait sa part pour vivre au sein de la famille, et parfois même, je me sens en vacances. Le temps n'existe pas, je ne regarde jamais l'heure ou presque.

Christine Montminy

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