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Mission humanitaire - Missions humanitaires générales, Mongolie par Emma Lieser

Mission humanitaire, Mongolie par Emma Lieser Mission humanitaire, Mongolie par Emma Lieser Mission humanitaire, Mongolie par Emma Lieser Mission humanitaire, Mongolie par Emma Lieser

C’est par hasard que je suis tombée sur le site internet de Projects Abroad en cherchant un projet pour les vacances d’été. Je n’avais jamais pensé à faire de l’humanitaire jusque-là, mais après avoir réfléchi je me suis dit : pourquoi pas ? Il restait alors à trouver une destination qui m’intéressait. Avec ma classe, j’étais partie à l’âge de 12 ans au Vietnam pour la construction d’une école. L’Asie m’ayant toujours étrangement fascinée, je parcourais la liste des pays sur le site de Projects Abroad et tombais sur la Mongolie et ma décision fut prise.

Pourquoi la Mongolie ? Justement parce que je ne connaissais absolument rien à ce pays et que je suis de nature curieuse. Autour de moi, ma famille et mes amis avaient beaucoup de mal à comprendre qu’on puisse partir, à tout juste 19 ans, à l’autre bout du monde dans un pays tellement différent pour aider 200 orphelins en pleine campagne.

À mon arrivée à Ulaan Baator, 06h00, heure locale, en plein Naadam (festival national de trois jours qui plonge tout le pays dans une euphorie), Azaa (une des membres du staff local) m’attendait pour me conduire dans une « guest house » pour que je puisse poser mes affaires. Deux heures plus tard, je me retrouvai au milieu d’un stade, entourée de Mongols captivés par les défilés, les combats de lutte, le tir à l’arc. Quoi de mieux pour se retrouver plongée dans la culture locale ?

Les cinq jours suivants, je les passai à découvrir la ville autant que possible car durant Naadam, tout s’arrête, les commerces et les musées ferment. Ce qui est le plus frappant dans la capitale, ce sont les contrastes. En effet, la ville étant continuellement en travaux, il y a des trous dans le trottoir (quand il y a un trottoir), les routes sont pleines de nids de poule (quand il y a une route goudronnée) ; c’est le chaos total. De plus, des bâtiments ultra-modernes qui viennent se greffer aux vieux immeubles soviétiques qui tombent en ruines s’opposent aux montagnes à l’arrière-plan et à cet immense ciel bleu troublant.

Cinq jours plus tard, j’étais en route pour l’orphelinat. L’accueil du personnel sur place était assez distant. Heureusement que celui des enfants était tout le contraire, ils semblaient heureux de voir arriver une nouvelle personne pour s’occuper d’eux, même si pendant l’été il y a quasiment toujours un groupe de volontaires sur les lieux. En une semaine j’ai eu l’occasion de sympathiser avec une dizaine d’enfants de tous les âges, ils m’apprenaient le mongol, en retour je leur apprenais un peu d’anglais et jouais avec eux.

Ensuite, j’ai eu la visite de Gundegmaa, une jeune fille mongole de mon âge qui étudie aux Etats-Unis depuis 2 ans, et qui enseigne l’anglais dans un camp de vacances à deux pas de l’orphelinat. Le camp avait besoin d’un volontaire prêt à donner des cours d’anglais à un groupe de 20 élèves allant de 8 à 20 ans. Une demi-heure plus tard je me retrouvais à faire la connaissance des élèves, le tout en anglais, et deux jours plus tard j’acceptais d’y rester définitivement. Le camp est organisé en yourtes, dont une pour les professeurs. Je pense que les élèves étaient très contents de recevoir l’attention d’une jeune européenne car ils avaient organisé une fête pour mon arrivée et ça les a énormément motivés dans l’apprentissage de la langue.

Entre-temps j’ai fait la rencontre d’Isabelle une nouvelle volontaire de Projects Abroad travaillant à l’orphelinat, avec qui j’ai pu partir 4 jours explorer une petite partie de la Mongolie à cheval. Après presque un mois passé sur place aux côtés des élèves du camp d’anglais et de ma nouvelle amie Gundegmaa, je pensais à mon départ, mais j’avais le sentiment d’avoir encore trop de choses à découvrir et je ne pouvais pas repartir si vite. J’ai donc décidé de faire prolonger mon visa et de décaler mon billet d’avion afin de rester encore une quinzaine de jours.

Une semaine plus tard Gundegmaa avait fini son travail de professeur d’anglais et elle m’emmena avec elle dans son appartement situé à Ulaan Baator où je pu faire la connaissance de sa famille qui n’avait encore jamais parlé avec des étrangers. Les dix derniers jours furent les plus magiques, Gundegmaa m’emmena dans son village natal en plein cœur de la Mongolie où vivent ses parents, ses amies d’enfance et l’autre partie de sa famille. À présent je n’étais plus considérée comme une touriste, mais comme faisant partie de la famille. J’ai appris à m’occuper du bétail, monter à dos de chameau, traire une centaine de chèvres en un temps record, cuisiner les repas traditionnels, déchiffrer leur alphabet, parler et écrire les bases de la langue pour communiquer avec eux car la plupart du temps ils ne parlent pas anglais. J’avais vraiment le sentiment de me fondre dans la masse.

La Mongolie est une destination qui se mérite. D’une part parce que le voyage est long pour s’y rendre mais surtout, dans le pays les trajets sont difficiles par manque de routes goudronnées. La mentalité est très particulière, les mongols ont gardé une trace de la domination russe et ne sont pas toujours très accueillants mais une fois que tu as prouvé que tu es de leur côté, ils se révèlent être un peuple extrêmement généreux et chaleureux. La nourriture y est également très particulière. Les repas sont peu variés et très riches, même en été. En effet, les aliments de base sont toujours les mêmes, pommes-de-terre, carottes, mouton, pâtes, riz. Donc très peu de légumes mais beaucoup de viande et essentiellement du mouton (matin, midi et soir). Les mongols boivent rarement de l’eau, ils préfèrent le thé au lait salé, la vodka et surtout le lait de jument fermenté pendant l’été.

La vie de tous les jours n’a rien à voir avec celle de notre monde européen. La majorité des mongols vivent à la campagne et sont nomades. Ils vivent donc dans une yourte, parfois plusieurs, entourés de leur troupeau, d’une rivière et de quelques provisions de la ville. Généralement, la femme cuisine et s’occupe des juments avec les filles tandis que les hommes sont responsables des troupeaux. Ce n’est pas pour autant que la femme est mal considérée, bien au contraire, les mongols ont un très grand respect pour les femmes, elles occupent la place centrale de la famille et cela depuis très longtemps.

Les coutumes aussi occupent une part très importante dans le quotidien, il est très mal considéré de refuser quelque chose chez les mongols, que ce soit un cadeau ou une troisième portion de nourriture, si on te propose quelque chose c’est qu’on attend de toi une réponse affirmative. Enfin et surtout, la Mongolie est un pays qui suppose une grande autonomie d’autant plus dans une mission humanitaire. Les mongols attendent beaucoup de nous, il faut savoir être créatif, ne pas avoir peur de prendre des initiatives, anticiper, être autonome et mature. Il faut aussi savoir se montrer très patient et ouvert d’esprit pour comprendre une mentalité qui est à l’opposé de la nôtre.

Si ma mission a pu se révéler parfois difficile notamment à l’orphelinat, j’ai eu beaucoup de chance dans mes rencontres mais aussi avec les salariés de l’organisation Projects Abroad qui ont été efficaces et présents tout au long de mon séjour et particulièrement Azaa et le chauffeur. Ce fut un voyage très émouvant mais surtout captivant. Aujourd’hui j’ai gardé contact avec certains élèves du camp d’anglais, et j’ai pour projet d’accueillir mon amie Gundegmaa chez moi afin de lui faire découvrir l’Europe.

J’espère que mon témoignage a pu vous aider à prendre la décision de venir aider en Mongolie car c’est un pays encore peu connu et qui n’attire que trop peu les volontaires. Si vous avez des questions ou si vous souhaitez en savoir davantage sur mon séjour, vous pouvez demander mon email au bureau français de Projects Abroad. Bon voyage !

Emma Lieser

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