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Enseignement - Enseignements généraux, Cambodge par Laurent Duvergé

Enseignement en Cambodge Laurent Duvergé Enseignement en Cambodge Laurent Duvergé

Avant mon départ, j’avais tout préparé : ma guitare et des chansonnettes chouettes, des cours de vocabulaire et des idées de jeux : je me sentais prêt à enseigner l'anglais à des élèves âgés entre 7 et 15 ans. Expérience encore inédite pour moi. Il était prévu que je fasse 4 heures de cours par jour et le reste du temps : Free time !

J’avais rempli ma valise de matériel scolaire car d’après mes correspondants Project Abroad sur place, les élèves manquaient de crayons, de papier et de livres. Mais voilà qu’une semaine avant mon départ, j’apprenais que j’allais finalement être affecté dans des classes d'adolescents âgés entre 18 et 22 ans. Un petit imprévu qui ajoutait un peu de piment à cette expérience et que j’accueillais finalement avec enthousiasme. Il s’avérera que j’avais bien eu raison de ne pas m’inquiéter.

A mon arrivée, ma première nuit a été un dépaysement à décoiffer un chauve: Sous 37 degrés je fus accueilli à l'aéroport par Chomrah, très jeune Cambodgien d’apparence, qui me conduisit en voiture à mon appartement ou vivaient en colloc une dizaine d'autres volontaires venant du Canada, d'Angleterre, de Norvège, d'Allemagne... Un des groupes me proposa sur le champ une sortie au bar. D'un naturel enthousiaste j'acceptais. Départ à trois sur une mob (sans oublier le casque) dans des rues larges bordées de toutes sortes de maisons non éclairées, qu'on dirait affublées de tissus et de lambeaux de parasols. Je sentais un petit air de déjà-vu avec Haïti mais malgré l'obscurité, je voyais bien que je voguais en plein rêve inédit. On arriva à 7 au bar où je découvrais la boisson favorite des collègues: le happy milk-shake. Cet endroit était bondé de marmots qui font leur business tout en s'amusant. Avant d’être plumé complètement de mes économies, retour au bercail tous les 7 en tuktuk (Motocyclette brouettant une sorte de charrette très conviviale). Ma première nuit a donc été comme un plongeon dans un environnement étrangement excessif en sourires et en camaraderie et seul dans ma chambre j'entendais encore un bon moment la fête battre son plein au son des brouhahas et des karaokés dans les bars voisins. Bercé par cette belle musique je m’endormais comme un happy milk-shake.

Le lendemain Sophourn de Project Abroad m'a fait visiter Phnom Penh en tuktuk, ce dernier habilement conduit par le sympathique Sop'aTea (pour retenir les noms il était pour moi indispensable de trouver rapidement des moyens mnémotechniques. Ici j’ai trouvé: « soupe au thé. »). Mon interlocuteur avec un français assez correct me commentait notre périple en y ajoutant quelques blagues mûrement préparées comme le sens de l'abréviation "TPV: Train à très Petite Vitesse". Inutile de rappeler que ce peuple est extrêmement calme et souriant. Tout le monde conduit très lentement et je n'ai vu personne s'énerver. Sur la route, les klaxons ont la parole et servent à exprimer tout type d'avertissement et d'émotions.

La veille de mon premier cours, mon appréhension m’a empêché de dormir, mais je m’adresse à tous les bons professeurs des banlieues qui souffrez de l'insolence de vos élèves: ici vous trouverez une mine d'or en termes d'écoute, de politesse, de respect, d'implication et de calme. Les élèves que j'ai eus et qui pour la majorité vivent dans la misère, dorment à même le sol, des fois sans toit, sont aussi sages et disciplinés que des rangées de tournesols. Pas une seule fois j'ai eu besoin de faire cesser des chuchotements. Ils ont le sourire facile et ils ne demandent qu'à apprendre pour se sortir de cette misère.

Mon emploi du temps était très chargé et entre chaque cours, la durée de trajet était d'environ 30 minutes: le matin de 11h à 12h30 je travaillais avec 14 élèves de la NUM: National University of Banking and Finance. De 16h à 17h30 c'est à 10 jeunes hommes de la Royal University of Agriculture que j'enseignais. Enfin, de 18h à 19h30 je travaillais avec une vingtaine d'élèves. Tous ces élèves sont d’origines provinciales et sont issus de familles très modestes.

Project Abroad a distribué à tous les élèves et à moi-même un livre d’apprentissage de l’anglais qui date des années 70 mais très efficace encore. L'enseignement consistait à suivre le livre, à corriger les fautes de prononciation et expliquer si besoin la signification des mots. En rendant les cours le plus interactif possible, nous arrivions parfois à aborder des thèmes variés. J’ai eu des difficultés à comprendre l’anglais de mes interlocuteurs, que ce soit mes colloques anglais, norvégiens, australiens ou mes interlocuteurs khmers. Cependant tout le monde comprenait mon anglais.

Les week-ends je suis parti avec les responsables des associations d’aides aux élèves et partenaires de Project Abroad en province pour visiter les écoles fondées par le président d’une de ces associations. J’ai eu aussi eu le temps de visiter le Royal Palace et avec deux autres volontaires visiter Seam Reap au Nord Ouest du Cambodge.

Avant de partir, j’ai remis à deux classes un laptop pour chacune généreusement offerts par un donateur via mon site internet. J’ai expliqué aux élèves de qui provenait ce don.

Ces élèves adorables m'ont organisé une « party » pour me témoigner leur sympathie et ils vont me manquer. Ils m'ont offert des fleurs, des petits cadeaux, des foulards alors qu'ils n'ont rien, Ils avaient préparé une corbeille de fruits, installé la sono, et nous avons dansé et ri. Ils ont pris des photos qu'ils m’ont envoyées par mail par la suite et que je regarde avec nostalgie. J'ai remarqué et apprécié l'esprit de solidarité qui régnait entre eux : toujours bienveillants et pourtant si jeunes, je ne me souviens pas avoir eu ces qualités de bienveillance et d'empathie à leur âge. Je sais qu'ils réussiront dans la vie en grande partie grâce à ces qualités de souci des autres et du plaisir qu'ils peuvent éprouver dans le travail. Raison pour laquelle j'espère que mon successeur saura rendre les cours plaisants et stimulants.

Laurent Duvergé

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