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Enseignement - Enseignements généraux, Bolivie par Marina Garbin

Une école en Bolivie (photo Laurent Good)

« J'ai été très touchée par l'accueil chaleureux des Boliviens, leur motivation et leur curiosité pour la culture française, pourtant si lointaine »

J'ai connu Projects Abroad en Angleterre où je résidais depuis déjà 4 ans et où j'y ai découvert le volontariat. En 2004, je me suis décidée : je laissais derrière moi mon job dans le commerce, mon logement, mes amis et je me lançais dans l'aventure bolivienne. Objectif : faire découvrir la langue de Molière aux étudiants du pays. J'étais fière d 'être la 1ère française au sein du projet.
Pourquoi la Bolivie et tout particulièrement Cochabamba ? . peut-être pour son climat très privilégié, l'attrait géographique, le charme andin, sa culture .

Février 2004 : l'arrivée à Cochabamba après de longues heures de voyage fut très attendue. Je délaissais mon manteau d'hiver londonien afin d'opter pour la tenue estivale de la Cochabambina. Bienvenida !! Directement accueillie à l'aéroport et logée de suite dans ma famille d'accueil, je découvrais déjà les bienfaits du « mate » de feuilles de coca pour atténuer le décalage horaire et les quelques petits effets de l'altitude. Grâce à mon espagnol plutôt ibérique, je réussissais les présentations et je comprenais les mots qui m'entouraient. Sans aucun souci d'adaptation, je me réjouissais de ma découverte et la vie européenne me paraissait déjà très lointaine. J'étais désormais chez moi. Tout marchait soudain au ralenti : les piétons, les voitures, le débit verbal, jusqu'au soleil même qui tardait à se coucher ce jour-là. Après une nuit bien méritée et un réveil matinal (décalage horaire oblige), celle qui allait être ma « mama Teresa » pendant plusieurs mois me fit découvrir la ville de Cochabamba sur ses 2500m d'altitude en « Trufi » (bus local) et à pied. Pas étonnant que cette ville soit connue pour être la plus agréable du pays. On y apercevait au loin les montagnes du haut de leurs 6000m et on devinait que la mer était loin, très loin d'ici, inaccessible. Le climat se montrait doux et sec, les palmiers bordaient les longues avenues et les places où se donnaient rendez-vous ces gens, ces gens que je connaissais si mal encore et qui se ressemblaient tous. La ville me rappela l'influence espagnole, puis plus au nord, je découvrais la population indienne, souvent livrée à elle-même. Les « Cholitas » avec leurs nattes, leurs grandes jupes et leurs yeux plissés par le soleil me rappelaient que j'étais maintenant devenue une « gringa » moi aussi. Je m'aventurais dans la bruyante « Cancha », cet énorme marché urbain et j'y errais pendant des heures pour y dénicher le moindre objet qui pouvait accompagner mon séjour.

Paysages boliviens (photo Marina Garbin)

Vint ensuite le grand jour : j'allais débuter mon 1er cours de français. Arrivée en plein été bolivien, j'avais choisi de débuter mon expérience avec le Summer Course (dans les bureaux de Projects Abroad), créé pour des étudiants motivés et qui souhaitaient réviser pendant l'arrêt des cours. Un petit briefing sur l'organisation des cours et hop .je débutais mon heure de conversation. Après les présentations, je sentais déjà leur enthousiasme envers ma venue. Parfait, cela m'a tout de suite mise à l'aise. Plus qu'un cours, c'était un véritable échange. Je leur ai demandé de se décrire et de me préparer un itinéraire touristique. Quelle rigolade !

Après plusieurs semaines, j'entrais à l'Université de San Simon en tant que « profesora ». J'assistais en parallèle aux cours des autres professeurs de français pour avoir un avant-goût. Par la suite, je devenais totalement autonome, je préparais mon emploi du temps et j'organisais les cours à mon gré. Je disposais de matériel pédagogique par la bibliothèque et l'Alliance française. J'avais décidé d'opter pour des méthodes d'enseignement plutôt occidentales : jeux de rôle, simulations globales. Je guidais mes étudiants dans notre projet de création d'un village français. Je les observais rêver en s'attardant sur une carte de France, ricaner discrètement en lisant les annuaires téléphoniques pour y dénicher un nom « français ». Je leur expliquais que la France ce n'était pas seulement la Tour Eiffel et la mode, mais aussi un mélange de culture et un pays qui possède ses problèmes socio-économiques. Motivés, certains revenaient de leur week-end avec un plan de village et des fiches complètes de personnages. Entre 2 cours, j'étais souvent très demandée par des étudiants en soif d'apprendre, d'autres parlaient avec fierté de leur pays malgré parfois un certain rejet politique envers celui-ci. Beaucoup s'attardaient pour me poser des tonnes de questions sur l'Europe en espérant eux aussi, un jour, voyager avec tant de facilités. « Que piensas de Bolivia ? » me demandaient-on très souvent aussi. A mesure que je leur enseignais notre langue, je pouvais lire dans leurs yeux le rêve et l'espoir de chacun d'entre eux : voyager, partir. avec facilité, comme nous.

Peu à peu, je m'adaptais à la notion de « ponctualité bolivienne » et je commençais à parler parfaitement le Latino-américain avec ses expressions bien particulières.
Grâce à ma famille d'accueil, j'ai pu connaître des jeunes locaux, qui, eux-mêmes, m'ont présenté d'autres jeunes et ainsi de suite. Cela m'a permis de sortir avec les locaux, qui sont très chaleureux. Je profitais de mon temps libre et des longs week-ends pour voyager et découvrir le pays avec eux : la jungle du Chaparé, La Paz, Oruro et son carnaval, Sucre, le lac Titicaca ainsi que les villes avoisinantes à Cochabamba. Le temps passait si vite. Juin était vite arrivé et la fin de mon programme approchait. Après ces 3 mois passés avec Projects Abroad, j'ai décidé de voyager puis de revenir à Cochabamba pour y vivre par mes propres moyens. J'éprouvais beaucoup de peine à quitter la Bolivie si bien que j'y suis restée jusqu'à fin décembre 2004 : 10 mois au total. Quelle expérience inoubliable, une expérience qui change toute une vie.

Bolivia 2004
La Pachamama, la terre mère,
Que je bénirai toujours en te versant ces quelques gouttes d'alcool,
Mami Tere, Victor Hugo père et fils, Chelo, Brendita,
Balu, Chiquitita, Pancha, Gris et leur accueil chaleureux
L'odeur des rues, de la graisse, des voitures,
Les trufis, les micros, les chiens errants,
Les rues grouillantes, les cholitas, la challa
La feuille de coca à mâcher, très stimulant
Le Soroche et mes nausées,
Les barbecues ensoleillés
Les rythmes de Cumbia incessants
La Salteñas, las papas, le riz, la sauce piquante,
Mes cours de Quechua, en vain,
« un cachito, ahorita, ahorita »
Projects Abroad, c'est très sympa
Mes cours de français
Mes étudiants préférés, Carolina, German
Mon amie préférée, Daniela la la la,
Gabo, mon bolivien préféré,
Nos escapades dans le Chaparé
Perdus dans la jungle,
Les pluies tropicales,
Petite Europe, vue de là-bas
Octavia, leur concert
"Sé que jamas te olvidaré »
La guitare autour du feu, la salsa,
La pauvreté, mes parasites,
Mes fous rires, mes coups de blues,
Le journal « Los Tiempos » pour un réveil matinal,
La Tirana, las amigas, los sueños,
Les couleurs, la chaleur écrasante, l'air sec,
Mes crèmes de jour, mes crèmes de nuit,
Mon visa, mon passeport, mon re visa
I'm not a Gringa !
Tiwanaku, l'île du soleil, le Cristo,
Titicaca, ici « titi », la bas « caca »
Un mar azul para Bolivia
Des souvenirs, des larmes d'adieu
Que macana !
2004
Far Away, so close....

Marina Garbin

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