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Mission humanitaire - Missions humanitaires générales, Togo par Rebecca Corrodi

Enseignement, Togo par Rebecca Corrodi Enseignement, Togo par Rebecca Corrodi Enseignement, Togo par Rebecca Corrodi Enseignement, Togo par Rebecca Corrodi

Nos seules limites sont celles que nous nous donnons. Il y a dans la vie des moments où l’on a l’impression de ne plus pouvoir avancer ni reculer. Et pourtant il y a encore quelque chose qui nous force à aller de l’avant. Quelque chose en nous qui nous dit qu’il y a encore bien davantage que ce qu’on a déjà vu et fait, que nous avons bien plus de ressources en nous que ce que nous avions pensé jusqu’ici.

Et pour ne citer que ma meilleure amie : « Si tu ne peux plus reculer, avance à pleins gaz. » C’est ainsi que j’ai pris la décision de faire quelque chose qui m’amène aux limites de moi-même, quelque chose que tout le monde ne fait pas et qui me redonne l’envie de démarrer chaque journée pleine d’élan et de motivation.

C’est comme cela que je me suis finalement retrouvée au Togo avec le projet d’y travailler comme volontaire un mois comme enseignante d’anglais dans une école et un mois dans une organisation de défense des droits de l’homme. Car il existe en fin de compte bien plus de gens qui ont bien davantage de raisons que moi d’être insatisfaits de leur sort et que je pourrais éventuellement les aider.

Le premier choc culturel a été vite surmonté, on s’y prépare à l’avance. Le véritable choc culturel se manifeste lui beaucoup plus lentement. A partir du moment où l’on se rend vraiment compte de la manière dont les choses se passent ici, lorsqu’on finit par comprendre ce qui se cache derrière le sourire des enfants et derrière les murs de bien des écoles et de nombreuses familles. Comme Blanc, on entend ici à tous les coins de rues « Bonsoir yovo, ça va bien, merci ! ».

Mais quand on y regarde de plus près, on se rend compte que cela ne va peut-être pas aussi bien que ça en a l’air.

Donc sans trop savoir à quoi j’allais être confrontée, j’ai pris mes fonctions d’enseignante. Mais comme un prof de français était tombé gravement malade, pas comme prévu en tant que prof d’anglais mais de français, ce qui, vue ma totale inexpérience, m’a placée devant des difficultés supplémentaires. Je me suis vue confrontée chaque jour à de nouveaux problèmes.

Jamais je n’ai autant apprécié le vaporisateur que j’avais apporté pour me calmer les nerfs ! Enseigner quatre à six heures par jour à une classe de soixante à quatre-vingt élèves était bien plus fatigant que les dix à douze heures passées autrefois à la réception d’un hôtel cinq étoiles ! Au bout de quinze jours, j’étais complètement crevée.

Et pas loin d’abandonner. Mais je me suis souvenue de ce que je m’étais dit : « Je veux connaître mes propres limites » et qu’on obtient effectivement la plupart du temps que ce qu’on souhaite. Est-ce que j’avais déjà atteint mes propres limites ? De voir les enfants frappés et parfois moqués sans pouvoir intervenir n’améliorait pas la situation. Pourtant en adaptant quelque peu mon emploi du temps grâce à davantage d’heures d’anglais que de français et avec le soutien efficace du personnel de Projects Abroad, j’ai réussi à terminer mes deux dernières semaines.

Est-ce que j’ai apporté un changement à la situation ? Je n’en sais rien. Mais il est certain que j’ai fait une expérience enrichissante. Même si j’ai souvent pensé que les élèves me trouvaient complètement stupide, les nombreuses lettres et gentilles remarques qu’ils m’ont adressées me prouvent que je n’étais pas une aussi mauvaise enseignante que ça !

La deuxième partie de mon séjour, j’ai travaillé auprès d’une ONG qui lutte pour les droits des enfants. Nous avons rendu visite à de nombreuses écoles de la région pour y organiser des « Clubs du droit de l’enfant » et discuter des droits des enfants avec les enseignants et les élèves.

Même si j’avais pu voir au cours de mon premier travail qu’on utilise encore des « méthodes éducatives » qui à mes yeux datent du siècle dernier, ce projet m’a permis de constater que la volonté de changement est bien là. Il faut seulement dans certains cas faire preuve d’un peu de ténacité.

Au cours de l’année scolaire actuelle, l’accent des « Clubs du droit de l’enfant » est mis sur les « enfants confrontés aux travaux dangereux ». Le travail avec mes collègues m’a beaucoup plu et m’a permis de constater que l’on peut effectivement provoquer un changement. Ce ne sont naturellement que de petits pas mais il est bien connu que toute grande chose commence par un premier pas.

Rebecca Corrodi

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