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Mission humanitaire - Missions humanitaires générales, Tanzanie par Shireen Dumont

Travaux manuels Tanzanie Shireen em mission humanitaire en Tanzanie Activité piscine pour les enfants de l'orphelinat Action humanitaire en Afrique de l'Est

Tout a commencé le 27 avril 2011… Ca faisait déjà deux semaines que j’avais foulé le sol tanzanien, mais sans pouvoir dire que j’étais vraiment entrée dans la vie tanzanienne… En effet, le 16 avril, je suis partie de Genève avec ma famille pour dix jours de safari ; à la sortie de l’avion, le soir, une douce température, un ciel étoilé comme on en trouve pas chez nous, des acacias qui nous rappellent de vieux souvenirs du Roi Lion… Et puis le voyage commence à travers les différents parcs nationaux, qui représentent, avec ceux du Kenya, les plus beaux parcs naturels et animaliers d’Afrique. Je ne suis pas là pour vous faire un portrait détaillé touristique des merveilles de la Tanzanie, cependant, il est important de dire que si vous avez la possibilité de voyager, ne passez pas à côté du Serengeti, 15.000 km2, le deuxième plus grand parc d’Afrique et le cratère du Ngorongoro, volcan éteint depuis bien longtemps dans lequel s’est développé une réelle faune et flore. Je terminerai ces petits conseils touristiques par Zanzibar, pour les amoureux de la plage et du sable blanc…tout simplement magnifique.

Bon, revenons au 27 avril, ma famille m’a quittée et je me suis donc retrouvée à l’aéroport d’Arusha, un peu perdue je dois dire avec mes 19 ans fraîchement acquis et ma tête pleine de souvenirs d’Amérique du Sud où j’étais restée 6 mois et étais revenue une semaine avant mon départ pour la Tanzanie. Un représentant de Projects Abroad vient me chercher et m’amène à Usa River, village à 20km d’Arusha, à l’orphelinat. Deux volontaires américaines et quelques petits m’accueillent ; les filles m’expliquent brièvement les règles et la vie de l’orphelinat.

Le lendemain, je me réveille au cri du coq mêlé à ceux des enfants… Je sors de ma chambre et tombe nez à nez avec une petite classe d’enfants de 5 à 8 ans en train de répéter des lettres, sous les ordres de leur maîtresse… Celle-ci m’adresse un grand sourire et me dit, « karibu »… bienvenue. Je m’entendrai très bien avec elle et pendant ces deux mois elle sera un peu mon interprète et professeur de Swahili ! Oui, cette langue m’a fascinée dès le début, d’ailleurs ce qui m’a le plus surpris, c’est le fait que globalement, beaucoup de gens ne parlaient pas anglais, et que le Swahili était la seule manière de communiquer avec eux. Ce n’est pas une langue difficile, apprendre quelques mots de la vie n’est pas la mer à boire et ça leur fait tellement plaisir…

Bon, il faut toujours une dizaine de jours pour s’habituer, et arrêter de se poser la question « mais qu’est-ce que je fais là ? », surtout que la culture africaine est quand même assez éloignée de la nôtre et comprendre le comportement des gens n’est pas une mince affaire… Surtout que là-bas, tu es « le blanc » (muzungus)… et oui, impossible de se fondre dans la population, la chose est de l’accepter et de ne pas de se sentir offensé au son des « muzungus » par-ci, par-là, qui t’accompagnent dans la rue… De plus, ton manque de mélanine est directement associé à l’épaisseur de ton porte-monnaie, donc un petit conseil, ne pas se laisser avoir et ne pas s’étonner de leurs a priori.

Cinq jours après mon arrivée, j’ai changé de logement, et suis allée vivre dans une famille à mi-chemin d’Arusha et d’Usa river. La raison est que je ne voulais pas être trop loin de la ville et de l’Alliance française, un véritable petit bout de francophonie où se trouvent plein de gens intéressants, d’expatriés, devenus bientôt mes amis. Ils m’ont permis de m’ouvrir à la vie tanzanienne, parfois difficile d’accès pour des étrangers comme nous autres, qui sont là pour si peu de temps et qui ont tendance à fréquenter les endroits de « blancs », par facilité ou méconnaissance… Car oui, désolée pour mon franc parler, mais à Arusha, point de départ des safaris, coexistent réellement une vie « blanche » et « noire », l’argent et le luxe d’un côté et la misère de l’autre…

Maintenant quelle était ma vie à l’orphelinat... Pendant ces deux mois, ma « routine » était de me réveiller à 7h30, petit-déjeuner puis, en route pour Usa à bord d’un « daladala », camionnette qui constitue le principal moyen de transport public d’Arusha, auquel il faut bien sûr s’habituer, comme à tout ! (et faire attention à ses affaires, car les conducteurs n’ont pas peur d’entasser les gens à l’intérieur !).

Quand j’arrivais à l’orphelinat, avec une volontaire danoise devenue réellement mon amie, nous donnions des cours d’écriture aux trois plus petits de l’orphelinat encore trop jeunes pour assister au cours de la maîtresse d’école qui enseignait aux 5-8 ans. Ensuite, il y avait le repas du midi. L’après-midi était occupée par des jeux, du dessin, la sieste. A 16h, les plus grands rentraient de l’école du village, et c’était l’heure des devoirs. Nous étions là pour les aider au moindre problème (bon pour le cours de Swahili ce n’était pas toujours facile…). A 17h, je rentrais à la maison, mangeais avec la famille, puis le programme dépendait. Soit j’allais voir mes amis de l’Alliance française ou d’autres volontaires de Projects Abroad, soit j’allais au lit, car malgré tout, c’étaient de longues journées !

Parfois il m’arrivait d’arriver à l’orphelinat en début d’après-midi et d’y dormir, histoire de passer la soirée avec les enfants, moment bien particulier où petits et grands en pyjamas se retrouvaient dans la salle principale en compagnie de Mama Grace, la responsable tanzanienne de l’orphelinat. Là, ils attendaient qu’on leur raconte une histoire, ou qu’un d’entre eux fasse preuve d’imagination et en raconte une à son tour… Tout ça sous les yeux écarquillés des plus petits.

Lors de ma première semaine, je dois dire que je n’étais pas tout à fait à l’aise. C’est difficile de passer du temps avec des enfants auxquels on n'est pas habitués et dont on n’a pas cerné les envies et besoins. De plus, leur apporter dans les premiers instants de l’affection qui seront ouverts à recevoir sans vous considérer comme un étranger n’est pas des plus faciles. Mais ce premier cap est rapidement passé, d’abord grâce à eux, du fait qu’ils m’ont acceptée et guidée et aussi grâce au travail en collaboration avec deux autres volontaires, une danoise et une suédoise, là depuis quelques jours. Des filles avec qui je pouvais partager mes envies, mes incompréhensions, mes frustrations et aussi mes idées de projets afin d’égayer le quotidien des enfants et de leur faire découvrir des sensations qui, jusqu’à aujourd’hui, leur étaient inconnues et qui pour beaucoup d’enfants dans nos pays, dont nous-mêmes, étaient la normalité.

Nous les avons donc amenés faire des jeux de ballons dans un terrain pas loin de l’orphelinat et avons organisé une sortie piscine. Toute la reconnaissance du monde n’aurait valu ces cris et ces rires. Un soir, je leur ai joué de la guitare… pour certains je crois que c’était la première fois qu’ils en voyaient une de leur vie. Quand je suis arrivée, il y a eu un grand silence. Pendant que je jouais, je voyais tous ces petits yeux briller et river sur mes doigts, certains jouaient à Jimmy Hendrix, d’autres essayaient de chanter avec moi, pendant les chansons françaises c’était très drôle. Après une heure et demi et avoir refait 5 fois mon petit répertoire, ils ont accepté d’aller dormir. Je n’oublierai jamais cette soirée, et après ça, ma relation avec eux a évolué… si vous avez quelque chose à leur apporter, qui vous est cher, faites-le, peut-être ne se rappelleront-ils pas de vous mais à mon avis ce sont des choses qui les marquent à jamais.

Voilà, je crois avoir tout dit, ce n’est pas toujours facile de résumer deux mois dans un pays dans lequel on débarque et dans lequel on va devoir installer une sorte de « routine » pour si peu de temps, où de plus, la culture nous est inconnue et tout de même assez éloignée de la nôtre. Deux mois pendant lesquels on passe d’une joie intense à une tristesse inexplicable, d’une envie de découvrir à la nostalgie du chez-soi et pendant lesquels on rencontre une telle quantité de gens différents et de par cette différence, intéressants. C’est de ce genre de voyage dont on revient changé et suite auquel on a appris beaucoup de choses… surtout à se connaître soi-même. Personnellement, je le conseille, il faut avoir la tête sur les épaules bien sûr et pouvoir s’adapter, mais ça ne veut pas dire que ça ne peut pas constituer un premier voyage.

Si l’envie de découvrir d’autres sensations ainsi qu’une autre manière de vivre y est, il ne faut pas hésiter. Deux, trois ou quatre mois passent vite et c’est souvent à la fin qu’on s’en rend compte. Je terminerai donc en disant qu’il faut en profiter, prendre ce qui est à prendre, que ce soit bon ou mauvais, comme un enseignement… C’est aussi ça une vraie expérience de vie.

Shireen Dumont

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